A quoi sert l’introduction ?

Quand j’étais encore jeune et fougueux, je faisais de l’athlétisme, du sprint, dans le petit club de ma ville natale. Et quand on fait de très petites distances, le 100 mètres ou le 200 mètres, si jamais on commence avec un mauvais départ, juste un tout petit retard par rapport aux autres, on a intérêt à mettre les bouchées doubles juste pour les rattraper tellement ça va vite. A l’inverse quand on fait un bon départ, pendant la course, honnêtement on peut même se permettre quelques petites erreurs, du moment qu’elles ne sont pas trop graves, on va rester en tête.

C’est cela la différence entre une bonne et une mauvaise introduction, si vous en faîtes une excellente, même inconsciemment, le professeur va avoir tendance à pardonner vos erreurs dans la suite du devoir. C’est cela le premier objectif, laisser une bonne première impression.

Aujourd’hui dans cette petite leçon, nous allons voir comment laisser une bonne première impression avec le début de l’œuvre Les Confessions de jean Jacques Rousseau. Grâce à lui nous pourrons voir quels sont les éléments de base que l’on retrouve dans toutes les introductions, pour les dissertations, les commentaires, les présentations orales, et ce dans n’importe quelle matière.

Lecture Les Confessions

Je forme une entreprise qui n’eut jamais d’exemple, et dont l’exécution n’aura point d’imitateur. Je veux montrer à mes semblables un homme dans toute la vérité de la nature; et cet homme, ce sera moi.

     Moi seul. Je sens mon cœur, et je connais les hommes. Je ne suis fait comme aucun de ceux que j’ai vus; j’ose croire n’être fait comme aucun de ceux qui existent. Si je ne vaux pas mieux, au moins je suis autre. Si la nature a bien ou mal fait de briser le moule dans lequel elle m’a jeté, c’est ce dont on ne peut juger qu’après m’avoir lu.

Voilà une introduction mémorable ! un bon départ qui donne envie de lire la suite ! On peu certes trouver cela un peu grandiloquent mais enfin ça marque, ça ne nous laisse pas indifférent. Et surtout en quelques lignes il réussit à imbriquer les deux éléments qui constituent la base de l’introduction.

Tout d’abord, dès la première phrase, ***  il annonce quel est son projet, ce qu’il va raconter, ce qu’il va écrire pendant des centaines de pages : raconter la vie d’un homme dans toute sa vérité. C’est le premier élément que l’on retrouve dans toutes les introductions, annoncer ce que l’on va écrire, ou dire.

Cependant pour faire un bon début, il ne suffit pas d’annoncer ce que l’on va présenter, il faut également expliquer pourquoi ce qu’on a à présenter est si exceptionnel ; pour quelles raisons cela vaut-il le coup de se farcir les 800 pages qui suivent. *** il explique dès le début que son livre sera inimitable (alors que le titre même du livre est une référence aux Confessions de Saint Augustin écrit 13 siècles auparavant).

Puis il rappelle bien qu’il est si différent des autres, tellement unique qu’il est absolument nécessaire de lire tout le reste du livre si on veut espérer pouvoir commencer à le comprendre. ***

Evidemment pour chaque type de travail, dissertation, commentaire, présentation orale, etc. il faut faire des introductions un peu différentes, il y aura d’autres éléments à ajouter qui vont les différencier. Néanmoins au fond, on peut le dire, toutes les introductions comportent ces éléments de base : annoncer ce dont on va parler et surtout expliquer pourquoi ce dont on va parler est important, spécial, et que la manière dont on va en parler est la plus intéressante.

Vous remarquerez pour finir que Rousseau utilise toujours des adverbes, des pronoms, des négations très absolus : jamais d’exemple, point d’imitateur, aucun de ceux qui existent, toute la vérité… Sans aller jusque-là, il va falloir que vous montriez de l’assurance dans votre introduction, pour bien démontrer que votre proposition d’analyse est la plus intéressante et la plus complète sur ce sujet. En fait L’introduction c’est déjà une première tentative de persuasion, de séduction de votre interlocuteur

Voilà, si vous voulez arriver en tête de la course sans trop vous fatiguer à courir, faites bien attention au début. C’est le plus difficile c’est vrai, c’est le moment le plus stressant ces quelques secondes où l’on attend le coup de feu du départ, mais si on garde son sang-froid, si on a confiance en son instinct, en sa technique, qu’on a perfectionné chaque semaine à l’entraînement, franchement on peut gagner la course dans les toutes premières fractions de secondes !

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